A Madagascar, Hollande joue la carte du rassemblement

28 novembre 2016

Il aura fallu quelques heures à François Hollande pour retrouver ses marques. Samedi, lors de la cérémonie d'ouverture du sommet de la Francophonie à Madagascar, le chef de l'Etat avait laissé transparaître sa préoccupation. Les nouvelles de Paris n'étaient pas bonnes : Claude Bartolone, le patron de l'Assemblée nationale, appelait ouvertement Manuel Valls à se présenter à la primaire de la gauche contre le président sortant. Christiane Taubira semblait prête à le lâcher et une nouvelle interview du Premier ministre était annoncée (ndlr, dans laquelle il annonce qu'il n'exclut pas de se présenter face à Hollande).

En fin de journée, le chef de l'Etat, dont la popularité en Afrique est inversement proportionnelle à celle dans son pays, avait cependant reçu un accueil très chaleureux au village de la francophonie. Cela a-t-il suffi pour lui remonter le moral ? Hollande est en tout cas apparu beaucoup plus serein devant la communauté française. «Nous devons nous rassembler quelles que soient les circonstances, les échéances,les épreuves et les choix que nous avons à faire», a-t-il déclaré. Et de glisser furtivement un énigmatique «Vous allez voir...»

Ce couplet sur le rassemblement est le signe infaillible en cette période que François Hollande préfère temporiser. Lui dont on attendait qu'il déclare sa candidature la semaine prochaine est bien parti pour faire durer le suspens plus longtemps.«Il a tout intérêt à laisser le soufflet Valls retomber», indique un de ses soutiens. La partie de poker menteur est bien partie pour durer.